Accueil | Créer un blog | Blog Beauté | Blog Séries 247

APODICTIQUE MESSIANIQUE ; MATHESIS UNIVERSALIS comme union finale de la Philosophie, de la Science et de la Religion en SAVOIR ABSOLU ; AMOR DEI INTELLECTUALIS SIVE ITINERARIUM MENTIS IN DEUM

Nouveau canon philosophique fondé sur le rationalisme radical, l'idéalisme et le mathématisme, more geometrico et categorico : « L'objectif est de fonder péremptoirement la Vérité sur la terre, de réaliser ainsi la philosophie absolue, d'accomplir la religion, de réformer les sciences, d'expliquer l'histoire, de découvrir le but suprême des États, de fixer les fins absolues de l'homme et de dévoiler les destinées des Nations. »

Balzac : l'envers de l'Histoire contemporaine | 29 octobre 2009

Le monde de Balzac et de la "Comédie humaine" est véritablement un monde, un univers même, avec des personnages bien plus réels que les pâles ombres que l'on appelle "vivants en chair et en os". Mais c'est aussi le monde des idées platoniciennes dont j'ai parlé ailleurs...

Enfer et paradis font partie de ce monde : et tous les romans donnent accès à ces deux "régions" de l'être. L'envers de l'Histoire contemporaine n'échappe pas à cette règle implicite :

http://www.v1.paris.fr/musees/balzac/furne/notices/envers_de_l'histoire.htm

Balzac y met en scène l'initiation progressive d'un jeune homme parisien des années 1830, Godefroid, à la vie chrétienne dont l'essence est : charité, c'est à dire "absolu désintéressement de l'amour" comme dit si brillamment Brunschvicg.

Voyez comme il dépeint bien, au début du livre, le "mal du siècle", à savoir le morne désenchantement, l'incapacité à entreprendre quelque chose de grand , qui frappe ces générations nées après la révolution ; comme ces traits pourraient s'appliquer à nos contemporains !

Et Godefroid est d'autant plus malheureux qu'il est assez noble et intelligent pour entrevoir ces facultés supérieures qui seules forment le but d'une vie humaine : mais il lui manque la volonté, et les relations, pour réaliser cet oeuvre !

Aussi cède t'il, comme Lucien de Rubempré, à la facilité et se lance t'il dans le milieu du journalisem, apte pense t'il à favoriser une prompte ascension sociale....

las !

«Dans cette sphère, Godefroid fut primé par le grossier machiavélisme des uns ou par la prodigalité des autres, par la fortune des capitalistes ambitieux ou par l'esprit des rédacteurs ; puis il fut entraîné vers les dissipations auxquelles donnent lieu la vie littéraire ou politique, les allures de la critique dans les coulisses, et vers les distractions nécessaires aux intelligences fortement occupées. Il vit alors mauvaise compagnie, mais on lui apprit qu'il avait une figure insignifiante, qu'une de ses épaules était sensiblement plus forte que l'autre, sans que cette inégalité fût rachetée ni par la méchanceté, ni par la bonté de son esprit. Le mauvais ton est le salaire que les artistes prélèvent en disant la vérité.

Petit, mal fait, sans esprit et sans direction soutenue, tout semblait dit pour un jeune homme par un temps où, pour réussir dans toutes les carrières, la réunion des plus hautes qualités de l'esprit ne signifie rien sans le bonheur, ou sans la ténacité qui commande au bonheur.

La révolution de 1830 pansa les blessures de Godefroid, il eut le courage de l'espérance, qui vaut celui du désespoir ; il se fit nommer, comme tant de journalistes obscurs, à un poste administratif où ses idées libérales, aux prises avec les exigences d'un nouveau pouvoir, le rendirent un instrument rebelle. Frotté de libéralisme, il ne sut pas, comme plusieurs hommes supérieurs, prendre son parti. Obéir aux ministres, pour lui ce fut changer d'opinion. Le gouvernement lui parut d'ailleurs manquer aux lois de son origine. Godefroid se déclara pour le Mouvement quand il était question de Résistance, et il revint à Paris presque pauvre, mais fidèle aux doctrines de l'Opposition.

Effrayé par les excès de la Presse, plus effrayé encore par les attentats du parti républicain, il chercha dans la retraite la seule vie qui convînt à un être dont les facultés étaient incomplètes, sans force à opposer au rude mouvement de la vie politique dont les souffrances et la lutte ne jetaient aucun éclat, fatigué de ses avortements, sans amis parce que l'amitié veut des qualités ou des défauts saillants, mais qui possédait une sensibilité plus rêveuse que profonde. N'était-ce pas le seul parti que dût prendre un jeune homme que le plaisir avait déjà plusieurs fois trompé, et déjà vieilli au contact d'une société aussi remuante que remuée ?

Sa mère, qui se mourait dans le paisible village d'Auteuil, rappela son fils près d'elle autant pour l'avoir à ses côtés que pour le mettre dans un chemin où il trouvât le bonheur égal et simple qui doit satisfaire de pareilles âmes. Elle avait fini par juger Godefroid, en trouvant à vingt-huit ans sa fortune réduite à quatre mille francs de rente, ses désirs affaissés, ses prétendues capacités éteintes, son activité nulle, son ambition humiliée, et sa haine contre tout ce qui s'élevait légitimement, accrue de tous ses mécomptes. Elle essaya de marier Godefroid à une jeune personne, fille unique de négociants retirés, et qui pouvait servir de tuteur à l'âme malade de son fils ; mais le père avait cet esprit de calcul qui n'abandonne point un vieux commerçant dans les stipulations matrimoniales, et, après une année de soins et de voisinage, Godefroid ne fut pas agréé. D'abord, aux yeux de ces bourgeois renforcés, ce prétendu devait garder, de son ancienne carrière, une profonde immoralité ; puis, pendant cette année, il avait encore pris sur ses capitaux, autant pour éblouir les parents que pour tâcher de plaire à leur fille. Cette vanité, d'ailleurs assez pardonnable, détermina le refus de la famille, à qui la dissipation était en horreur, dès qu'elle eut appris que Godefroid avait, en six ans, perdu cent cinquante mille francs de capitaux.

Ce coup atteignit d'autant plus profondément ce coeur déjà si meurtri, que la jeune personne était sans beauté. Mais, instruit par sa mère, Godefroid avait reconnu chez sa prétendue la valeur d'une âme sérieuse et les immenses avantages d'un esprit solide ; il s'était accoutumé au visage, il en avait étudié la physionomie, il aimait la voix, les manières, le regard de cette jeune personne. Après avoir mis dans cet attachement le dernier enjeu de sa vie, il éprouva le plus amer des désespoirs. Sa mère mourut, et il se trouva, lui, dont les besoins avaient suivi le mouvement du luxe, avec cinq mille francs de rente pour toute fortune, et avec la certitude de ne jamais pouvoir réparer une perte quelconque, en se reconnaissant incapable de l'activité que veut ce mot terrible : faire fortune !

La faiblesse impatiente et chagrine ne consent pas tout à coup à s'effacer. Aussi, pendant son deuil, Godefroid chercha-t-il des hasards dans Paris : il dînait à des tables d'hôte, il se liait inconsidérément avec les étrangers, il recherchait le monde et ne rencontrait que des occasions de dépense. En se promenant sur les boulevards, il souffrait tant en lui-même, que la vue d'une mère accompagnée d'une fille à marier lui causait une sensation aussi douloureuse que celle qu'il éprouvait à l'aspect d'un jeune homme allant au Bois à cheval, d'un parvenu dans son élégant équipage, ou d'un employé décoré. Le sentiment de son impuissance lui disait qu'il ne pouvait prétendre ni à la plus honorable des positions secondaires, ni à la plus facile destinée ; et il avait assez de coeur pour en être constamment blessé, assez d'esprit pour faire en lui-même des élégies pleines de fiel.

Inhabile à lutter contre les choses, ayant le sentiment des facultés supérieures, mais sans le vouloir qui les met en action, se sentant incomplet, sans force pour entreprendre une grande chose, comme sans résistance contre les goûts qu'il tenait de sa vie antérieure, de son éducation ou de son insouciance, il était dévoré par trois maladies, dont une seule suffit à dégoûter de l'existence un jeune homme déshabitué de la foi religieuse. Aussi Godefroid offrait-il ce visage qui se rencontre chez tant d'hommes, qu'il est devenu le type parisien : on y aperçoit des ambitions trompées ou mortes, une misère intérieure, une haine endormie dans l'indolence d'une vie assez occupée par le spectacle extérieur et journalier de Paris, une inappétence qui cherche des irritations, la plainte sans le talent, la grimace de la force, le venin de mécomptes antérieurs qui excite à sourire de toute moquerie, à conspuer tout ce qui grandit, à méconnaître les pouvoirs les plus nécessaire, se réjouir de leurs embarras, et ne tenir à aucune forme sociale. Ce mal parisien est, à la conspiration active et permanente des gens d'énergie, ce que l'aubier est à la sève de l'arbre ; il la conserve, la soutient et la dissimule. »

Le monde des idées, chez Balzac, double de façon curieuse le monde de l'argent, comme le montre ce passage admirable décrivant la banque Mongenod, seule honnête dans Paris et travaillant de concert avec les cinq initiés chrétiens sous la direction de Mme de La Chanterie qui éduqueront Godefroid et l'aideront à devenir l'un d'entre eux. Car l'initiation véritable est tout, sauf un amas de pouvoirs occultes et autres balivernes... elle est, tout simplement, l'expansion infinie de l'intelligence associée à l'absolu désintéressement de l'amour !

 «La maison Mongenod est établie dans un magnifique hôtel, entre cour et jardin, rue de la Victoire, où demeurent madame Mongenod la mère et ses deux fils, tous trois associés. Madame la vicomtesse de Fontaine avait été remboursée lors de la mort de Mongenod père, en 1827. Frédéric Mongenod, beau jeune homme de trente-cinq ans environ, d'un abord froid, silencieux, réservé comme un Génevois, propret comme un Anglais, avait acquis auprès de son père toutes les qualités nécessaires à sa difficile profession. Plus instruit que ne l'est généralement un banquier, son éducation avait comporté l'universalité de connaissances qui constitue l'enseignement polytechnique ; mais, comme beaucoup de banquiers, il avait une prédilection, un goût en dehors de son commerce, il aimait la mécanique et la chimie. Mongenod le jeune, de dix ans moins âgé que Frédéric, se trouvait dans le cabinet de son aîné dans la position d'un premier clerc avec son notaire ou son avoué ; Frédéric le formait, comme il avait été lui-même formé par son père à toutes les sciences du vrai banquier, lequel est à l'argent ce que l'écrivain est aux idées : l'un et l'autre, ils doivent tout savoir.»

Publié par Teleiosis à 16:15:57 dans Balzac | Commentaires (0) |

Balzac et Wronski | 28 octobre 2009

L'épisode du procès du "Oui et du Non" entre Wronski et Arson, qui est évoqué ici :

http://canonphilosophique.multiply.com/journal/item/1

a sans aucun doute inspiré d'intenses réflexions à Balzac, comme en témoigne la fin de la "Recherche de l'Absolu" :

http://artfl.uchicago.edu/cgi-bin/philologic31/balzac_navigate.pl?balzac.72

«Vers la fin de l'année 1832 , Balthazar passa une nuit extrêmement critique pendant laquelle monsieur Pierquin le médecin fut appelé par la garde, effrayée d'un changement subit qui se fit chez le malade ; en effet, le médecin voulut le veiller en craignant à chaque instant qu'il n'expirât sous les efforts d'une crise intérieure dont les effets eurent le caractère d'une agonie.

Le vieillard se livrait à des mouvements d'une force incroyable pour secouer les liens de la paralysie, il désirait parler et remuait la langue sans pouvoir former de sons ; ses yeux flamboyants projetaient des pensées ; ses traits contractés exprimaient des douleurs inouïes ; ses doigts s'agitaient désespérément, il suait à grosses gouttes. Le matin, les enfants vinrent embrasser leur père avec cette affection que la crainte de sa mort prochaine leur faisait épancher tous les jours plus ardente et plus vive ; mais il ne leur témoigna point la satisfaction que lui causaient habituellement ces témoignages de tendresse. Emmanuel, averti par Pierquin, s'empressa de décacheter le journal pour voir si cette lecture ferait diversion aux crises intérieures qui travaillaient Balthazar. En dépliant la feuille, il vit ces mots, découverte de l'absolu, qui le frappèrent vivement, et il lut à Marguerite un article où il était parlé d'un procès relatif à la vente qu'un célèbre mathématicien polonais avait faite de l'Absolu. Quoique Emmanuel lût tout bas l'annonce du fait à Marguerite qui le pria de passer l'article, Balthazar avait entendu.

Tout à coup le moribond se dressa sur ses deux poings, jeta sur ses enfants effrayés un regard qui les atteignit tous comme un éclair, les cheveux qui lui garnissaient la nuque remuèrent, ses rides tressaillirent, son visage s'anima d'un esprit de feu, un souffle passa sur cette face et la rendit sublime, il leva une main crispée par la rage, et cria d'une voix éclatante le fameux mot d'Archimède : EUREKA ! (j'ai trouvé). Il retomba sur son lit en rendant le son lourd d'un corps inerte, il mourut en poussant un gémissement affreux, et ses yeux convulsés exprimèrent jusqu'au moment où le médecin les ferma le regret de n'avoir pu léguer à la Science le mot d'une énigme dont le voile s'était tardivement déchiré sous les doigts décharnés de la Mort. »

   le "procès" auquel il est fait allusion est évidemment celui intenté par Arson à Wronski; or, il semble bien que Balzac nous suggère ici (et fait d'ailleurs bien plus que suggérer) que Balthazar   trouve le "secret" qu'il avait cherché toute sa vie (l'Absolu, analogue de la pierre philosophale des alchimistes) rien qu'en prenant connaissance de cet épisode relatif à Wronski..

chez un autre, cela pourrait être gratuit et sans signification supérieure...mais pas chez ce grand initié qu'est Balzac !          

De par les termes même employés par Balzac, on comprend (tout au moins c'est la proposition d'explication que je tente ici de donner) que c'est le fait que l'absolu soit "vendu" par un "mathématicien" qui met Balthasar sur la voie de l'illumination instantanée.

Une illumination qui coïncide avec sa mort !

trois éléments donc : mathématiques (mathesis universalis), "vente" (argent, circulation, flux, par opposition à substance fixe) et mort...

Balzac voudrait il ici faire "signe" vers ceci ?

que l'Absolu  ne peut être "trouvé" que par l'approfondissement de l'activité intellectuelle des mathématiciens ; qu'il n'est pas de l'ordre d'une substance exérieure fixée, de l'Etre substantiel, mais de la relation (la "vente" ); et enfin qu'il ne peut être "trouvé"  que dans la "mort" complète à soi même....

 ce qui peut être rapproché de cette formule de Brunschvicg dans "Raison et religion", quand il décrit la philosophie comme accomplissement parfait et purement spirituel de l'Evangile  :

 «Les théologiens se sont attachés à distinguer entre la voie étroite : Qui n'est pas avec moi est contre moi, et la voie large : Qui n'est pas contre moi est avec moi. Mais pour accomplir l'Évangile, il faut aller jusqu'à la parole de charité, non plus qui pardonne, mais qui n'a rien à pardonner, rien même à oublier : Qui est contre moi est encore avec moi.

Et celui-là seul est digne de la prononcer, qui aura su apercevoir, dans l'expansion infinie de l'intelligence et l'absolu désintéressement de l'amour, l'unique vérité dont Dieu ait à nous instruire»

l'expansion infinie de l'intelligence est la mathesis universalis comme recherche des principes de la Science (des "vérités éternelles" de Descartes); l'absolu désintéressement de l'amour est atteint dans la mort complète à l'égoïsme vital de la personne individuée.

Publié par Teleiosis à 15:52:37 dans Balzac | Commentaires (0) |

liens sur l'oeuvre mathématique de Wronski | 27 octobre 2009

Wronski est à la fois un mathématicien et un philosophe.

Mais, et c'est ce qui l'oppose aux autres mathématiciens qui s'intéressent à la philosophie, il ne fait des mathématiques que sous condition et en vue de la philosophie, philosophie qui devient ainsi "absolue".

Je fais ici une liste des liens Internet portant sur les travaux mathématiques de Wronski, et les expliquant et les rendant plus clairs, car on doit avouer que l'accès de cette oeuvre (aussi bien mathématique que philosophique) est très ardu.

Solution du problème universel de Wronski (par Charles Lagrange)

http://adsabs.harvard.edu/abs/1896AnOBN...7a...1L

Trois articles d'Emile West :

Exposé des méthodes générales en Mathématiques; résolution et intégration des équations, applications diverses, d'après Hoené Wronski

http://portail.mathdoc.fr/JMPA/PDF/JMPA_1881_3_7_A1_0.pdf

Digression sur les séries

http://www-mathdoc.ujf-grenoble.fr/JMPA/PDF/JMPA_1881_3_7_A6_0.pdf

Exposé des méthodes en Mathématiques, d'après Wronski (suite)

http://www-mathdoc.ujf-grenoble.fr/JMPA/PDF/JMPA_1882_3_8_A2_0.pdf

Liens généraux vers le Journal de mathématiques pures et appliquées:

http://www-mathdoc.ujf-grenoble.fr/JMPA/feuilleter.php?id=JMPA_1882_3_8

http://www-mathdoc.ujf-grenoble.fr/JMPA/feuilleter.php?id=JMPA_1881_3_7

Vient ensuite la grande encyclopédie mathématique en 4 volumes de Sarrazin de Montferrier, accessible intégralement sur Gallica; les liens sont donnés ici :

http://mathdoc.emath.fr/cgi-bin/linum?aun=001541

A signaler aussi l'excellente revue de l'époque "Annales de Gergonne", on trouve sur le volume 3 de 1812-1813 deux articles de Gergonne lui même :

http://www.numdam.org/numdam-bin/feuilleter?id=AMPA_1812-1813__3_

http://archive.numdam.org/ARCHIVE/AMPA/AMPA_1812-1813__3_/AMPA_1812-1813__3__51_1/AMPA_1812-1813__3__51_1.pdf

http://archive.numdam.org/ARCHIVE/AMPA/AMPA_1812-1813__3_/AMPA_1812-1813__3__137_1/AMPA_1812-1813__3__137_1.pdf

on peut d'ailleurs lire tous les articles de Gergonne et de Kramp, dont les préoccupations et notations sont, au strict point de vue mathématique, fort proches de celles de Wronski :

http://www.numdam.org/numdam-bin/recherche?h=aur&aur=Gergonne&format=short

http://www.numdam.org/numdam-bin/recherche?h=aur&aur=Kramp&format=short

Article d'Abel Transon dans les "Nouvelles annales de mathématiques" portant sur la loi des séries de Wronski (démontrée par Cayley en 1875) :

http://www.archive.org/stream/nouvellesannale10terqgoog#page/n179/mode/2up (page 161 sq n181 et un second article page n333)

articles de E Marchand sur "le changement de variables", portant aussi sur la loi de Wronski (et citant Transon dans le premier)

http://www.numdam.org/numdam-bin/recherche?h=aur&aur=Marchand,+E.&format=short

Toujours sur la loi de Wronski :

On wronski's expansion (par Echols ) :

http://projecteuclid.org/DPubS/Repository/1.0/Disseminate?handle=euclid.bams/1183407595&view=body&content-type=pdf_1

pour la démonstration par Cayley de la loi de Wronski, voir les mathematical papers de Cayley page 96 : "On Wronski's theorem" :

http://www.archive.org/stream/collectedmathema09cayluoft#page/96/mode/2up

et l'article de Emory Mc Clintock dans American journal of mathematics vol 4 no 1 (1881) pp 16-24 : "On certain expansion theorems" :

http://www.jstor.org/stable/2369146?seq=4

"Notes on the life and works of Wronski" par Pragacz :

http://www.impan.pl/~pragacz/download/hwa.pdf

Wronski's canon of logarithms :

http://www.jstor.org/stable/2690379?seq=1

Montessus : sur la résolution numérique des équations:

http://archive.numdam.org/ARCHIVE/BSMF/BSMF_1905__33_/BSMF_1905__33__26_0/BSMF_1905__33__26_0.pdf

Wronski's loi suprême vs Lagrange-Bürmann formula :

http://www.impan.pl/~pragacz/download/maszczyk.pdf

Le mathématicien Alain Lascoux, admirateur de Wronski, lui consacre plusieurs papiers sur sa page personnelle :

http://www-igm.univ-mlv.fr/~al/

voir aussi de lui :

http://people.math.jussieu.fr/~kim/ALCoursSf2.pdf

http://www-igm.univ-mlv.fr/~berstel/Mps/Travaux/A/1989-1FonctorialiteContempMath.pdf

ses autres publications :

http://www.combinatorics.net/lascoux/pubFrench.html

Piotr Pragacz est un autre mathématicien moderne reprenant la pensée de Wronski :

http://arxiv.org/PS_cache/alg-geom/pdf/9605/9605014v1.pdf

Publié par Teleiosis à 15:09:54 dans Wronski-mathesis | Commentaires (0) |

Wronski et la mathématique universelle | 20 février 2008

Il existe plusieurs (une infinité peut être ?) voies d'accès à la galaxie Wronski depuis la ....brousse.

Nous sommes résolus ici à explorer l'astre solitaire qui brille de mille feux depuis sa facette "mathématique" , ce qui on voudra bien le reconnaitre n'est pas très original.

Nous tenons en effet, ainsi que l'a amplement montré Cherfils dans "Un essai de religion scientifique", que Wronski reprend de Descartes, dont il est le continuateur, le programme de Mathesis universalis (mathématique universelle) pour le porter à un achèvement en forme d'incandescence.

Ce qui explique les sarcasmes, aisément compréhensibles, que déclenche toute allusion aux "thèses sur l'absolu" de Wronski parmi un public ayant une culture mathématique modérée : on admettra bien sûr les trouvailles géniales et annonciatrices (les déterminants, la notion de "wronskien", etc...) mais ce sera tout.

Mais comme l'explique Sarrazin de Montferrier au début de son "Encyclopédie mathématique", Wronski a pour programme de "porter le savoir mathématique à l'absolu".

Ya t'il réussi ? c'est une autre histoire !

Mais de deux choses l'une : soit on prend (à notre exemple) la Mathesis universalis au sérieux, et alors Wronski apparait comme un candidat sérieux, et son oeuvre comme un champ d'exploration absolument inédit (au moins, celui qui s'y lance sera comme les premiers pionniers au Far West ... il n'aura guère de prédecesseurs).

Soit on traite cela par le rire ("les lubies de Descartes et Leibniz") et on retourne à la brousse...c'est à dire dans le cas des matheux les tonnes d'articles qui se publient chaque semaine sur Arxiv! pas de problème, Wronski est dépassé, il n'est plus à niveau...il faut dire qu'en 150 ans les maths ont sensiblement évolué...mais ont elles été "portées à l'Absolu" (en admettant que cette notion ait un sens) ? non, évidemment !

Si l'on se décide (et nous nous décidons!) d'une décision "résolue" (dixit Heidegger) à suivre cette route qui n'en est pas une, un ouvrage se présente immédiatement à l'esprit comme revêtant une importance cruciale : l'Introduction à la philosophie des mathématiques et à la technie de l'algorithmie de 1811.

Par une chance insigne, il est lisible gratuitement sur le web, à deux adresses:

-soit au patrimoine numérisé de l'université de Strasbourg : http://imgbase-scd-ulp.u-strasbg.fr/displayimage.php?album=529&pos=0

-soit en texte intégralement disponible à la bibliothèque Google : http://books.google.fr/books?id=GeBJAAAAMAAJ&printsec=frontcover&lr=&hl=fr

La première édition est plus soignée, mais la seconde plus facile à lire en continu.

L'encyclopédie mathématique de Montferrier en quatre volumes, inspirée totalement par la pensée mathématique de Wronski, est accessible aussi, à la BNF Gallica:

http://www.math.uni-bielefeld.de/~rehmann/DML/dml_links_title_E.html

http://math-doc.ujf-grenoble.fr/LiNuM/TM/Gallica/S099465.html (vol 3)

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k99462n (vol1, et on trouve les autres facilement, en tapant le nom de l'auteur en "recherche" sur Gallica))

Publié par Teleiosis à 18:32:29 dans MESSIANISME - Philosophie Absolue | Commentaires (0) |

African SPIR : esquisses de philosophie critique | 23 octobre 2007

L'édition de 1930 (chez Felix Alcan) des "Esquisses de philosophie critique" d'African SPIR est précédée d'une introduction magistrale de Léon Brunschvicg.

On pourra lire la première édition du livre, parue en 1887 et préfacée par A Penjon, sur Gallica :

http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k78015c

La pensée de Spir est proche de celle de Brunschvicg en ce sens qu'elle représente véritablement l'idéal philosophique, la sagesse, par opposition aux grands systèmes qui prétendent fournir une explication globale du Tout. C'est à dire, en d'autres termes, l'opposition du dogmatisme et du criticisme.

Brunschvicg emploie des termes très forts, qui prenaient tout leur sens dans leurs années 30 : les dogmatiques en philosophie, dont , selon Brunschvicg, Hegel est un cas d'école,  peuvent être nommés des surhommes, et le type opposé de philosophe est , non plus surhomme, mais sage.

Le dogmatique, dont la tradition philosophique de l'Ecole (la scolastique) fournit de nombreux exemples, "a trouvé avant d'avoir cherché. Dans l'étendue de l'univers intelligible il trace un système d'opinions qui définit sa vérité. Il s'attribue, à titre de surhomme, un privilège d'infaillibilité auquel participent à leur tour les individus du groupe qui a consenti à s'enfermer dans ce système. Or à l'intérieur des sociétés qui ne s'endorment pas sur elles mêmes, qui ont suffisamment d'énergie pour vivre de la vie spirituelle, il arrive inévitablement que l'arbitraire des systèmes engendre leur multiplicité. Le spectacle de leur contradiction provoque un sursaut de réflexion méthodique, un progrès de raison critique, qui brise le préjugé du dogmatisme ... alors apparait le type opposé de philosophe, non plus surhomme, mais sage"

ainsi ce n'est pas, comme le croit Kojève, Hegel qui est le premier Sage, mais l'on peut dire que son systématisme grandiose (que Brunschvicg reconnait d'ailleurs pour tel, avec une admiration non feinte) ouvre la voie, par réaction, à la sagesse.

La multiplicité des systèmes fait aussi écho à la multiplicité des croyances et des religions aux "dieux à noms propres", y compris les trois religions prétendûment "monothéistes". Là aussi l'arbitrtaire aboutit au chaos.

Le philosophe selon Brunschvicg et Spir, le sage, est celui qui au lieu de s'installer en Dieu et d'usurper la prérogative d'un (prétendu) savoir divin, se maintient au plan terrestre dans un sentiment d'ignorance qui est la condition même de l'homme. On reconnait là la sagesse de Socrate, qui ne sait qu'une seule chose, c'est qu'il ne sait rien.

Mais contre le voeu même de Socrate, des "Socratiques" fondateurs d'écoles et de systèmes prennent le relais,  Comme Platon, Aristote, Aristippe, Antisthène, ces deux derniers moralistes préparant les "dogmatismes effrenés du stoïcisme et de l'épicurisme, dont les controverses sans issue achèveront de ruiner la civilisation antique, et permettront que règne sans partage  l'étouffoir chrétien, puis islamique... jusqu'à nos jours !

Contre cet enfermement de la pensée dans le système métaphysique ou religieux, l'attitude de Spir et de Brusnchvicg se définit par un mot : "Pas de compromis !", soit l'héroïsme de la Raison auquel invite aussi Husserl en 1936 , debant la montée du nihilisme nazi, et de nos jours Badiou devant la montée du nihilisme de la "globalisation" financière qui enregistre un pas de plus avec l'irruption sarkozyste.

Le vrai est ce qui se vérifie, se constate, non certes par une accumulation de faits, mais par une exigence d'exactitude qui est l'âme même de la philosophie, et qui se nomme aussi Raison.  L'absolu n'est pas dans une vérité ou un système clos de vérités, c'est là tout le sens de l'anti-logicisme de Brunschvicg (qui ne s'attaque en rien à la logique, discipline hautement mathématisée et admirable de rigueur). L'Absolu s'identifie avec la recherche de l'absolu. Car si je m'engage avec honnêteté dans la voie de la philosophie, c'est à dire dans la recherche de la vérité, alors je dois reconnaitre, comme préliminaire, qui je ne dispose d'aucune vérité, que "je ne sais rien". Et je dispose alors d'une première vérité, qui est que je ne sais rien. C'est aussi ce que dit Wronski quand il interprète le "cherchez et vous trouverez" de l'Evangile.

Spir ne dit pas autre chose : "c'est seulement par le côté supérieur, logique, (rationnel) et moral, que nous sommes apparentés à l'absolu; l'homme est le produit le plus élevé de la nature et il n'a de valeur que par sa tendance à s'élever au dessus de la nature"

L'esprit se manifeste par une norme qui est le principe de toute vérité : la norme de la Raison. Sa supériorité sur la nature se montre par sa capacité à surmonter l'illusion "réaliste" qui produit l'apparence d'un monde extérieur qui serait fait de choses. Il s'agit du même triomphe de l'esprit qui est à la racine de la victoire du système héliocentrique avec Galilée, et de la rupture avec Ptolémée.

Amiel, lorsqu'en 1878 la médecine lui fit connaitre l'usure de son organisme, se donnait le même type de mot d'ordre:

"Il n'y a rien d'absolu dans l'homme, hormis sa conscience de l'absolu". il faut avoir compris la déception inévitable de l'être, qui définit son moi par l'animalité de sa nature individuelle pour trouver sa liberté dans le seul attahement à ce qu'il y a en nous d'universel et d'étenrel, ou plutôt d'atemporel. C'est ce que Wronski caractérise par la prépondérance (pour nous) de l'élément Savoir sur l'élément être.

Cet héroïsme de la pensée se paye très cher, non plus de nos jours par la mise à mort, ou la persécution, comme c'était le cas du temps de Platon et encore du temps de Fichte, ce qui explique selon Brunschvicg la tentation de ces deux philosophes de revenir à une "seconde philosophie", moins radicale que la doctrine idéaliste initiale, mais par la mise sous silence.

Spir n'a pas échappé à cette dure expérience, qui déclare avant la fin : "j'espère que ma mort brisera l'étrange sort qui semblait jeté sur tout ce qui émanait de moi". Et Brunschvicg, tombé dans l'oubli, n'y échappe pas non plus de nos jours...nos sombres jours où les medias incultes et la TV "reality show) font et défont les "célébrités éphémères".

Publié par Teleiosis à 11:31:36 dans Philosophie | Commentaires (0) |

1| 2| >>